Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de André Trillard

Que l’assemblée des départements de France cesse la politique politicienne

Vingt-huit présidents de conseils généraux considèrent que les prises de position de l’ADF l’éloignent de sa mission. Voici la tribune publiée dans Le Figaro daté du 3 février 2010.

 

L’Assemblée des départements de France (ADF) est avec l’Assemblée des maires de France et l’Assemblée des régions de France, l’une des trois grandes associations d’élus locaux. Dans le passé, elle a été un lieu d’échange et de dialogue entre les 102 présidents de conseil général, élaborant dans le consensus ses positions, parlant d’une seule voix dans l’intérêt du département et dans le respect du pluralisme inscrit dans ses statuts.

Interlocuteur privilégié du gouvernement, du Parlement, mais aussi des grandes institutions nationales, elle a accompagné toutes les réformes intéressant les départements et toues les étapes de la décentralisation, apportant son expertise, transmettant son expérience de terrain, et proposant des évolutions. Par-delà, les alternances, un dialogue constructif avec l’État a toujours été maintenu. Source de progrès et d’innovations en provenance des territoires, elle a toujours fait remonter les initiatives locales à Paris et assuré leur diffusion. C’est ce rôle de courroie de transmission qui a fait son succès, sa légitimité et sa crédibilité. Nous, les présidents de conseil général, élus du groupe de la droite, du centre et des indépendants (DCI), sommes convaincus de l’utilité de l’ADF et de sa nécessaire neutralité. C’est pourquoi, nous ne partageons pas ses positions actuelles de plus en  plus outrancières et politiciennes qui dénaturent l’esprit de cette institution.

 

En effet, alors que le débat aujourd’hui sur la réforme des collectivités territoriales, comme celui d’hier sur le remplacement de la taxe professionnelle, est un enjeu essentiel pour l’avenir de nos collectivités, l’ADF s’oppose de manière obsessionnelle au principe même de la réforme. Pire, elle organise une contestation purement partisane. Et pourtant, un sujet de cette importance, au cœur de l’objet même de notre association d’élus, aurait mérité un travail approfondi.

 

Lorsqu’on s’exprime au nom de l’ADF et qu’on utilise les moyens de l’association, comme ceux d’une collectivité territoriale d’ailleurs, ce ne peut être que pour servir l’intérêt général.

Depuis quelques mois, les propositions de l’ADF ont été remplacées par des slogans virulents annonçant la mort des services publics locaux, la suppression des aides aux associations, la fin de la décentralisation, etc. En agissant de la sorte, l’ADF s’éloigne de sa mission d’information. Cette situation ne peut perdurer. Nous ne la tolérons plus et nous appelons au rétablissement d’un climat plus serein au sein de l’Assemblée.

 

L’ADF doit se mobiliser autour de vraies contributions de fond sur les grands enjeux des départements : la réforme des collectivités locales et de la fiscalité locale, certes, mais aussi l’avenir de la ruralité, la prise en charge de la dépendance et du handicap… Elle doit être force de proposition dans la discussion qui va s’ouvrir sur le cinquième risque.

Pour l’instant, elle préfère l’immobilisme et le conservatisme. Dernière preuve en date, le boycott inadmissible de la conférence nationale sur le déficit, sans aucune concertation avec le groupe DCI, privant les départements de la possibilité de s’exprimer sur un grand sujet d’intérêt national.

Aujourd’hui nous sommes donc contraints de suspendre le versement de nos cotisations pour exprimer notre désapprobation et demander solennellement que l’ADF cesse de se mêler de politique politicienne. Notre décision exprime surtout le vœu que l’ADF redevienne la Maison de tous les départements.

 

 

Bruno Sido (Haute-Marne), Nassimah Dindar (La Réunion), Éric Ciotti (Alpes-Maritimes), Benoît Hure (Ardennes), Jean-Claude Luche (Aveyron), Guy Dominique Kennel (Bas-Rhin), Jean-Jacques Panunzi (Corse-du-Sud), François Sauvadet (Côte d’Or), Alberic de Mongolfier (Eure-et-Loir), Charles Buttner (Haut-Rhin), Christian Monteil ( Haute-Savoie), Jean-Yves Dusserre (Hautes-Alpes), Patrick Devedjian (Hauts-de-Seine), Louis Pinton (Indre), Jean Raquin (Jura), Maurice Leroy (Loir-et-Cher), Bernard Bonne (Loire), Éric Doligé (Loiret), Jean-François Le Grand (Manche), Ahamed Attoumani Douchina (Mayotte), Philippe Leroy (Moselle), Jean Castaings (Pyrénées-Atlantiques), Stéphane Artano (Saint-Pierre-et-Miquelon), Roland du Luart (Sarthe), Hervé Gaymard (Savoie), Horace Lanfranchi (Var), Jean-Marie Rolland (Yonne), Alain Schmitz (Yvelines).

Le Figaro - 03/02/2010

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article