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Le blog de André Trillard

Projet de loi relatif à l'action extérieure de l'Etat - Séance du 12 juillet 2010

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Mes chers collègues,

 

En cette fin de session et à la veille des festivités de notre fête nationale, je me réjouis que le texte qui nous occupe cet après-midi ait pour objectif de renforcer notre rayonnement culturel dans le monde.

 

Avant tout et au nom du groupe UMP, je tiens à saluer l’immense travail, tant d’auditions que de concertations qui a été mené par les présidents ROHAN et LEGENDRE avant même l’arrivée de ce texte. Au travers de leur rapport sur les enjeux de notre diplomatie culturelle, ils ont très largement abordé la situation tout en esquissant des pistes de solutions dont on retrouve l’esprit dans ce projet de loi. À ce travail préparatoire s’ajoute naturellement celui des rapporteurs, qui avec celui de l’Assemblée nationale a été considérable.

 

Sans trop m’attarder sur la méthode, Monsieur le Ministre, nous pouvons être satisfaits des enrichissements successifs du texte depuis sa première lecture au Sénat.

 

Ce projet de loi est un texte pragmatique. D’abord, il répond à l’esprit de réforme exprimé par le Président de la République dans le livre blanc sur la politique étrangère.

Face à la multitude d’opérateurs et d’établissements aux statuts divers et variés, ce texte se présente l’avantage de replacer l’ambassadeur au centre de notre diplomatie culturelle et limitera l’émiettement des actions des uns et des autres.

 

C’est dans ce cadre que nous soutenons la création d’une seule agence chargée de développer la culture française en étroite coopération avec les autres opérateurs qu’ils soient publics ou privés et notamment avec les Alliances françaises.

 

L’agence devra fédérer et démultiplier les actions afin de mettre en place une logique d’influence et non plus une simple politique de rayonnement culturel.

En animant et en gérant tout le réseau culturel, l’Institut français remplira un double objectif : créer et répondre à un besoin et à une demande de France.

 

Pour moi, c’est un premier pas vers la mise en place d’un véritable Soft Power. Aucun pays ne peut se targuer d’exercer une diplomatie d’influence s’il ne crée pas les conditions pour :

-          susciter l’envie de sa culture,

-          fédérer autour des ses valeurs et les faire partager,

-          et devenir un modèle de société pour les autres pays

 

C’est aussi à ce titre que je me félicite de la dernière rédaction des articles 5 et 6. Ils permettent l’organisation de nos outils d’influence.

 

En séparant les missions de promotion de l’enseignement supérieur français, notre système universitaire et professionnel de la mission d’expertise internationale, nous contribuons à donner une meilleure lisibilité à notre action culturelle.

Celle-ci se déclinera autour de deux nouveaux EPICS : Campus France et de France Expertise  Internationale. Cette solution me parait plus judicieuse et surtout plus claire que notre choix initial concernant la création de l’AFEMI. En effet, l’expertise internationale doit faire l’objet d’une politique à part entière. Le rapport de Nicolas TENZER sur le sujet ne laisse aucune équivoque.

 

L’expertise doit être considérée comme un levier de notre action extérieure. C’est pour cette raison, que la transformation du Groupement d’Intérêt Public France Coopération Internationale en EPIC me parait une bonne chose, aussi nécessaire que visionnaire.

 

Enfin, concernant Campus France il me semble nécessaire de souligner l’approche progressive et expérimentale retenue par ce projet de loi. En effet, l’association Egide et la section internationale du CNOUS seront à termes intégrés dans Campus France, à l’issu de derniers arbitrages ministériels puisque cet EPIC sera sous la tutelle conjointe de MAE et de l’enseignement supérieur.

 

Toutefois, je formule le vœu que cette co-tutelle ne nuise pas à l’instauration d’une véritable politique d’attractivité universitaire. La co-tutelle doit être un avantage et non un handicap comme nous avons pu le vérifier si souvent.

 

Elle doit être rentable et non contre-productive sans quoi, nous retomberions dans les mêmes schémas auxquels nous souhaitons échapper en procédant à cette réforme.

 

Je ne reviendrai pas sur l’article 14 relatif à la possibilité pour l’État français d’exercer une action récursoire à l’encontre d’opérateurs de transports ou autre voyagiste et assureurs dans le cas d’opération de secours de ressortissant français dans des zones considérées comme dangereuses.

 

Nous avons veillé à ce que le droit indique clairement que les rendues dans ces zones pour un motif professionnel légitime ne soient pas concernés.

Cela vaut tant pour les journalistes que pour les humanitaires.

Alors mes chers collègues, vous me permettrez de m’étonner face à la malhonnêteté intellectuelle de certains, qui s’agitent au 20h, profitant de la démagogie ambiante, et voudraient faire croire en un sempiternel « anti journalisme » de la part des responsables politiques. Plusieurs journalistes ont été pris en otage dans des pays en guerre. Jamais l’État français ne les a oubliés, au contraire, nous avons toujours activé au maximum nos services diplomatiques et parfois nos armées comme c’est le cas en ce moment en Afghanistan pour obtenir la libération de ceux qui étaient prisonniers.

Je tenais à le rappeler devant vous aujourd’hui car ce faux procès est plus que regrettable.

 

Enfin, si le groupe UMP du Sénat votera cette réforme capitale pour notre action extérieure, je souhaiterai attirer votre attention sur un dernier point avant de conclure.

 

Monsieur le Ministre, si nous souhaitons que notre pays rayonne et ait pleinement les moyens d’une diplomatie d’influence, nous devons considérer ce texte comme une première étape. Celui-ci doit s’inscrire comme une base juridique et administrative.

 

Il faudra à l’avenir être plus audacieux et n’ayons pas peur des mots, être « offensifs » si nous souhaitons demeurer un modèle culturel en tant que tel. Nous devrons faire preuve de créativité et d’inventivité pour exister.

Je vous remercie.

 

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