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Le blog de André Trillard

Les petits aliénés n'ont pas affolé Saint-Gildas

Non, les nouveaux vitraux de l'abbatiale ne sont pas contestés, assure le sénateur maire de Saint-Gildas, alors que sort un livre sur leur création.

 

Avec leurs visages d'enfants aux regards dérangeants, les vitraux de l'abbatiale de Saint-Gildas n'ont pas fini d'interpeller amateurs d'art et visiteurs. Cette souffrance vitrifiée a illustré la carte de vœux de la Drac, la Direction régionale des affaires culturelles. Et les éditions du Patrimoine, émanation du centre des monuments nationaux, viennent de publier un ouvrage bilingue, rédigé par Philippe Dagen.

L'écrivain et critique d'art y explique le travail de Pascal Convert, la façon dont celui-ci a transformé en vitraux les photographies des enfants aliénés du siècle dernier, des documents tirés des travaux d'un médecin aliéniste. Sénateur maire de Saint-Gildas-des-Bois, André Trillard en signe la préface. Il a invité le président du Sénat, Gérard Larcher, à l'inauguration, au printemps.

 

Des réactions contrastées

Visiblement très fier des 14 vitraux qui remplacent ceux détruits pendant le siège de la Poche de Saint-Nazaire, l'élu défend cette confrontation de l'Église avec l'art moderne, sujet dont il fut question, de manière informelle, lors des vœux du nouvel évêque, Mgr James. Mais, la rencontre entre l'Église et les artistes ne va pas toujours de soi. Les enfants de l'abbatiale font-ils polémique dans la commune ? « Au début, j'ai enregistré les réactions négatives de deux prêtres plutôt âgés. D'autres ont été emballés. Mgr Soubrier (NDLR : le précédent évêque) trouvait cela magnifique », répond le sénateur maire.

 

L'élu revient sur la démarche. « Paroissiens et commission diocésaine d'art sacré étaient associés à la commission qui a choisi Pascal Convert, l'auteur du monument aux fusillés du Mont-Valérien. L'écrivain Jean Rouaud y a participé. Depuis l'installation, je n'ai pas de trace de contestation ou de rejet par les habitants de Saint-Gildas-des-Bois », assure André Trillard. Ce que confirment des habitants. « Même si certains estiment que les vitraux n'ont pas vraiment un caractère religieux », nuance l'un d'eux.

 

D'ailleurs, rappelle le sénateur maire, par le passé l'abbatiale accueillait une bénédiction. Il y avait une procession qui passait par une fontaine. « Celle-ci était dédiée aux enfants fous ».

 

 

Ouest France - 22/02/2010

 

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