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Le blog de André Trillard

Une partie du département reste privée d'internet

Bataille politique autour des laissés pour compte d'Internet. L'opposition de droite et du centre leur apporte son soutien. Et dénonce "l'immobilisme" du conseil général.

Du retard. On les appelle des zones blanches. Ce sont des trous noirs, 73 secteurs du département où il n'est pas possible de se connecter à internet. 7 000 lignes sont pénalisées : des particuliers, mais aussi des entreprises, des gîtes ruraux, des agriculteurs. Au conseil général, les élus de droite et du centre dénoncent cett situation. "On ne peut pas laisser les gens comme ça. Depuis cinq ans le conseil général ergote, tergiverse. Et rien ne bouge. A ce stade ce n'est plus une erreur, c'est une faute" s'étrangle le sénateur UMP André Trillard. "Nous avons pris du retard. Dans l'ouest, nous sommes le seul département à ne pas avoir investi pour corriger les inégalités. Comme si le conseil général attendait que les particuliers investissent eux-mêmes, dans le satellite par exemple."

La facture. Il faudrait 8 millions d'euros pour effacer l'essentiel de ces trous noirs en tirant des fils selon la technologie dite NRA ZO (noeud de raccordement des abonnés en zone d'ombre). Faisable, calcule André Trillard, qui suggère de réparttir la dépense sur plusieurs budgets et demander des subventions à la région et à l'Europe comme l'ont fait d'autres départements. "C'est une dépense indispensable. Aujourd'hui, Internet est un service universel, aussi indispensable quie l'eau, l'électricité ou le gaz. On ne peut laisser des territoires à l'écart et se proclamer département de toutes les solidarités".
Question de volonté politique, ajoute le patron de l'opposition au conseil général, en donnant en exemple la ville d'Orvault dont certaines parties de la commune ne peuvent être desservies en ADSL. La municipalité aide financièrement les foyers à s'équiper en solutions alternatives.

Des progrès. Au conseil général, le vice-président socialiste Hervé Bocher se défend d'être resté inactif. "Le taux de couverture est passé de 94 à 98.8% de la population du département". Comme prévu dans une convention signée en 2004, l'opérateur historique, Orange, a équipé tous les répartiteurs (la dernière armoire avant nos téléphones). Au-delà, l'opérateur estime que ce n'est plus de son ressort.
De son côté, la majorité du conseil général n'est pas prête à mettre sur la table les huit millions d'euros nécessaires pour tirer les lignes. "Trop cher ! Et puis, sommes-nous tenus d'engager l'argent public pour que tous les gamins aillent sur Facebook ?" interroge, de façon un peu provocatrice, Hervé Bocher.

Une expérience. Le conseil général teste l'implantation de lignes NRA ZO dans quatre zones, comme celle de Corsept où 140 foyers ne peuvent être connectés à internet. "Nous allons regarder combien de foyers s'abonneront. Nous verrons alors si l'investissement public se justifie ou s'il faut rechercher d'autres formules moins coûteuses" explique Hervé Bocher. "Nous sommes dans la même situation qu'avec l'assainissement. Quand il n'est pas possible d'implanter des kilomètres de tuyaux, on a recours à l'assainissement individuel."

Les autres formules. L'opposition reproche au conseil général de n'avoir pas mis les opérateurs en concurrence, ni joué la carte des autres technologies. Une situtaion qui pourrait commencer à  changer. "Nous étudions les possibilités d'aides individuelles pour des équipements de type satellite" annonce Hervé Bocher qui reste prudent. "Des formules alternatives vont peut-être nous aider à accélérer mais je ne veux pas m'engager sur des délais. J'affirme seulement que notre aide sera maximale là où la nécéssité économique est établie". On devrait en savoir plus, dauns une quinzaine de jours, à la prochaine session du conseil général.

Marc Le DUC
Ouest France 17 juin 2009

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