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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 09:56

Président : Amiral Lanxade

Amiral,
Mesdames,
Messieurs,
Chers Collègues,


Je suis heureux de vous accueillir aujourd’hui au Sénat, ainsi que de l’honneur qui m’est fait d’ouvrir ce séminaire annuel de la FMES, en lieu et place du Président Raffarin qui m’a chargé d’exprimer ses regrets de ne pouvoir le faire lui-même.
Les thématiques de la Fondation se situent toujours au cœur de l’actualité géostratégique ainsi qu’au carrefour des intérêts des multiples acteurs internationaux, ce qui en explique d’ailleurs la richesse des débats, résultant en particulier de la diversité professionnelle des intervenants comme celle des participants.


C’est aussi le gage d’une ouverture d’esprit et d’une liberté dans les échanges qui en fait tout l’intérêt. J’ajoute enfin qu’il y a là un effet de synergie de nature à enrichir nos travaux parlementaires de la commission de la Défense, à l’assemblée nationale comme au Sénat. Et ce, de la même façon que les rapports que nous autres parlementaires commettons, se voient prolongés, actualisés et développés par les contributions de vos séminaires fructueux qui leur apportent toujours une dimension extrêmement concrète. J’en veux pour preuve la thématique choisie l’an passé à l’assemblée sur la sécurité maritime, sur laquelle nos collègues députés comme nous-même avions sérieusement travaillé ….
Le questionnement retenu pour le séminaire qui nous réunit aujourd’hui n’échappe pas à cette règle et me semble particulièrement bien venu, tant la prise de conscience des enjeux que recouvre cette zone de la Chine méridionale s’avère indispensable.
Cependant, il faut convenir qu’alors que le monde entier a les yeux braqués sur bien d’autres conflits, sur les dangers de l’islamisme, sur la crise des migrants, sur les élections ici et là,…, la montée des tensions entre la Chine et les Etats-Unis a pu passer au printemps dernier quasiment inaperçue.


Et pourtant… , depuis le début de l’année, il ne se passe pas une semaine sans que les conflits en mer de Chine ne défraient l’actualité. Les tensions sino-américaines ont atteint un premier sommet fin mai 2015, après qu’un avion américain P-8 Poséidon de la VIIe flotte ait survolé l’archipel des Spratleys, où les travaux de poldérisation par la Chine se sont accélérés ces dernières années.
Au terme d’une escalade verbale entre Pékin et Washington, le quotidien chinois Global Times, contrôlé par le Parti Communiste Chinois est allé jusqu’à affirmer le 25 mai dernier qu’une « guerre y était « inévitable »
Tout récemment, la semaine dernière, l‘entrée du contre-torpilleur américain l'USS Lassen dans ce que la Chine considère comme ses eaux territoriales (moins de 12 miles autour des iles Spratleys) a provoqué la colère du gouvernement chinois, le ministère des Affaires étrangères affirmant que cette manœuvre menaçait "la souveraineté de la Chine et ses intérêts sécuritaires" et « que le gouvernement chinois répondrait de façon résolue à toute action provocatrice".
Voici pour le décor, si j’ose m’exprimer ainsi ….


Maintenant, s’il apparait clairement que la mer de Chine méridionale s’inscrit dans la confrontation stratégique avec les Etats-Unis, demeure la question du fondement de ces revendications chinoises portant sur 90% de la mer de chine méridionale, ainsi que celle de la raison pour laquelle Pékin est capable de placer les pays de la région au bord de l’affrontement pour quelques ilots et bancs immergés.
Car avant d’esquisser les moyens d’éviter que cette escalade ne dégénère en une crise majeure, la question essentielle demeure le pourquoi ?
Pourquoi donc choisir de coaliser tous les pays voisins et risquer de voir revenir la superpuissance américaine jusqu’ici en retrait, pour des territoires qui, a priori, n’auraient d’autre valeur stratégique que le pétrole et les ressources halieutiques – certes potentiellement très élevées - qu’ils renfermeraient dans leur sous-sol ?
Quelle est la part réelle de ces intérêts économiques ?
Quelle est celle de l’intérêt stratégique de la zone en termes de commerce international ?
Quelle est la dimension des préoccupations de politique intérieure à des fins de mobiliser ou détourner l’attention ?
Quel rôle joue la zone dans la posture de dissuasion chinoise ?


La Chine souhaite-t-elle vraiment une confrontation globale avec les Etats-Unis, ou bien son objectif est-il d’égaliser leurs relations, de devenir un acteur mondial aussi important que les Etats-Unis, de participer à l’édification d’un nouvel ordre mondial ?
Comme je le disais préalablement, notre commission a déjà travaillé sur ces questions : l’an dernier à l’issue d’une mission sénatoriale , a été publié un rapport au titre éclairant « REPRENDRE PIED EN ASIE DU SUD-EST », dont notre ami Christian Cambon devait nous parler : un empêchement de dernière minute …. .


Ensuite, à titre plus personnel, je reviens précisément de Chine dans le cadre d’une mission conduite en octobre dernier par le Président RAFFARIN, consacrée à la « nouvelle croissance chinoise ». Et je dois dire que même si la problématique de la mer de chine méridionale n’était pas directement au cœur des nombreux échanges que nous avons eus, il me semble personnellement une évidence que le rôle de superpuissance que la Chine met tout en œuvre pour acquérir dans les dix années à venir appelle, à ses yeux, l’acquisition d’ une dimension militaire et stratégique ainsi que d’une place sur la scène internationale qui rend explicable, sinon toujours cohérente, sa stratégie sur cette zone.
Je vous remercie de votre attention.

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Published by André TRILLARD
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