Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 08:26

Les institutions de la Vème République à l’épreuve des élections de 2017

 

Pour les Gaullistes, l’élection présidentielle est la clé de voute de nos institutions.

À l’issue des résultats quels enseignements pouvons-nous tirer de celles de 2017 ?

On comprend les raisons qui ont poussé les deux partis traditionnels à organiser des primaires: éviter les divisions pour être présents au second tour. Mais une primaire s’appuie sur le choix étroit d’un parti, dont le projet n’est pas transposable tel quel à l’échelle d’une Nation, surtout lorsque les deux partis de gouvernement rassemblent péniblement la moitié du corps électoral. Le résultat est là. Les deux formations qui en ont organisés ne sont pas représentées au second tour, même si le score du candidat des Républicains avec 20 % des voix ne peut être assimilable à celui du PS avec 6,30 %. À cet égard, 2017 a probablement marqué la fin des primaires.

Les réseaux sociaux se sont substitués aux schémas de nos classiques campagnes électorales. Les troupes militantes des partis, engluées dans une hiérarchie figée et une résilience obsolète, ont été débordées par le robot interactif de la toile et les supplétifs d’un monde médiatique « sans foi ni loi » où le sensationnel et l’émotionnel ont pu l’emporter sur le rationnel au risque d’occulter les débats au profit d’un feuilleton. 

Emmanuel MACRON a su anticiper et maîtriser ces deux évolutions en enjambant la primaire et en s’appuyant sur une société civile, piaffant d’impatience et avide de changements sans pour autant toujours en définir les contours. 

Doit-on y voir une nouvelle déclinaison gaulliste de la fameuse rencontre entre un homme et un peuple, où le candidat, maîtrisant les moyens de communication nouveaux, s’adresse directement à lui en s’affranchissant des partis ?

Mais, n’oublions pas qu’en instituant l’élection au suffrage universel du Président de la République, le fondateur de la Vème République souhaitait que celui-ci s’affranchisse des partis pour retrouver un espace politique qui lui soit propre. Aujourd’hui cette question est reposée, non avec les partis mais avec les médias. Ce n’est faire injure à personne que de constater la place qu’ils ont pris dans cette campagne notamment avec l’émergence des réseaux sociaux et des chaines d’information continue.

Sans doute peut-on à ce stade considérer que M. MACRON n’est pas tant celui qui demande au peuple de le suivre que celui qui est porté par un mouvement du peuple qui exprime une aspiration à une nouvelle ère politique.

 

L’étape suivante pourrait s’écrire d’une manière nouvelle, en rupture avec ce que nous avons connu. Plusieurs cas de figures sont à examiner :

 

1/ Les actuelles formations, Républicains et UDI, qui ont signé un accord électoral sont majoritaires à l’Assemblée : Il appartient alors au Président de désigner un Premier Ministre, issu de cette majorité, qui formera un gouvernement. Ce scénario n’a de chance de prospérer que si nous sommes rassemblés. Nous vivrions alors une cohabitation, d’un nouveau type, puisque le Président fraichement élu n’obtiendrait pas des Français une majorité pour appliquer son programme. Ce qui signifiera qu’il aura été élu plus par défaut que par adhésion. 

2/ Le Président obtient une majorité uniquement sur son nom. Nous nous retrouvons dans un cas de figure classique où le Président dispose des moyens d’appliquer son programme.

3/ Ni le rassemblement de l’UDI et des Républicains, ni les soutiens de M. MACRON obtiennent à eux seuls une majorité absolue. Se posera alors la question pour la droite et le centre de savoir dans quelle mesure ils souhaitent et seront invités à participer au gouvernement. Pour nous, il reviendrait au principal groupe de l’Assemblée de proposer, en lien avec le Président, un agenda susceptible de rassembler une majorité dont le Président serait le garant. Cet agenda devrait reposer sur l’urgent et l’indispensable. Nous récusons les débauchages individuels qui non seulement feraient du FN le premier opposant en divisant la droite et le centre, mais ne pourraient que conduire aux errements de la IV République, le rassemblement se faisant non sur un programme et des valeurs mais sur des postures personnelles.

 

On en connaît d’ores et déjà quelques axes incontournables.

  • La situation de notre Pays exige de vraies réformes sur le plan économique et social pour l’adapter aux défis de notre temps, aux nouvelles technologies, répondre à un peuple avide de repères et qui a besoin de retrouver du sens à travers une certaine idée de la France, à l’intérieur comme à l’extérieur.
  • L’appareil démocratique a été aussi particulièrement éprouvé durant ces derniers mois, et si les élus sont peut-être trop nombreux, ils constituent le liant sociétal indispensable. Il faut rénover leur statut et leur assurer des moyens, sans céder au populisme ambiant. Leur refuser toute considération sur le thème du « tous pourris » et contester leur légitimité en opposant la démocratie participative à la démocratie élective conduirait à donner le pouvoir à des fonctionnaires ou des groupes de pression. 
  • Le monde médiatique s’est taillé, par ailleurs, une influence inégalée. Il importe qu’il soit, lui aussi, soumis demain à une éthique. S’ériger en quatrième pouvoir exige des règles quant à l’origine des sources et à leur utilisation.
  • Le pouvoir judiciaire doit être confirmé dans sa liberté inhérente à une véritable séparation des pouvoirs. En contrepartie, il devra exercer une police rigoureuse en son sein et mettre lui-même fin à la violation permanente du secret de l’instruction et à des dysfonctionnements internes.
  • Les extrêmes prospèrent, non seulement des inégalités entre les hommes et les femmes, mais plus encore et sûrement, des disparités entre les territoires. Un examen de la géographie électorale l’illustre de façon flagrante et inquiétante. La cinquième puissance du monde doit prendre conscience qu’elle ne peut laisser ces déséquilibres s’accentuer au risque d’opposer deux France(s). Il s’agit là probablement d’un des défis les plus cruciaux de la décennie.
  • L’Europe s’est construite sur un projet politique autour des priorités de l’après-guerre. Au fil des temps et de son élargissement, elle s’est souvent réduite à n’être qu’un espace économique. Le moment est venu de trouver un nouveau souffle autour des défis contemporains : environnement, social, sécurité…
  • Enfin la montée de l’islamisme radical. Nous savons que les remèdes exigent des mesures en profondeur, tant sur le plan national qu’international. Elles nécessiteront du temps. Dans l’immédiat, la reconduction de l’État d’urgence ne peut constituer la seule réponse aux menaces sur notre territoire.

Pour autant qu’ils admettent ces évidences, c’est dans ce cadre que Les Républicains doivent rester unis pour s’engager collectivement avec la plus grande énergie dans les législatives s’ils veulent peser véritablement.

S’il est un message clair de ces élections, c’est que les Français aspirent à ce qu’il soit mis un terme à la paralysie de la vie politique. C’est à ce prix que les extrêmes qui ont recueilli 40 % des suffrages reculeront. La situation commande, comme en 1958, que nous soyons assez forts, raisonnables et ouverts pour nous entendre sur un programme partagé d’action, sans doute limité dans ses ambitions et dans le temps mais avec des objectifs clairs et une obligation de résultat. Ce serait un signal envoyé à nos compatriotes et le préalable à un apaisement national.

 

Cette évolution de nos mœurs politiques est possible dans le cadre institutionnel actuel. Pour peu que le président se limite à présider en étant le garant de l’unité nationale et d’un pacte majoritaire en cas de coalition. Pour peu que le gouvernement gouverne en redevenant pleinement responsable devant le Parlement. Pour peu, enfin, que le parlement soit invité, plus à voter des lois que des textes destinés à gérer l’actualité et qu’il ait les moyens de contrôler l’action gouvernementale.

Cette évolution signifie aussi une transformation des partis, dont le rôle de coordination, au sein d’un pacte de gouvernement, deviendra important. L’action classique de terrain sera revisitée –d’autant plus avec la fin du cumul des mandats– au profit de l’émergence du Net, vecteur d’une nouvelle forme et d’un nouveau support de débat. Le militantisme au profit de courants et d’écuries dont nous avons pu mesurer les dégâts collatéraux pourrait s’estomper pour privilégier le soutien à une politique et à des objectifs.

Toutes choses pour lesquelles nos concitoyens et l’intérêt de la France exigent un rassemblement, que ce soit par la voie de la cohabitation que nous préférons, ou, à défaut, d’un pacte de gouvernement auquel nous ne saurions nous soustraire si les termes en sont clairs et que le Président de la République s’en porte garant.

 

Sénateurs de l’Amicale Gaulliste du Sénat

 
Les sénateurs gaullistes analysent l'élection présidentielle et la législative à venir

Partager cet article

Repost 0
Published by André TRILLARD - dans Communiqué de Presse
commenter cet article

commentaires

Présentation

A Trillard
André TRILLARD
Sénateur
Maire de Saint-Gildas-des-Bois

Pour me contacter

Téléphone - Fax : 02.51.16.50.10

@ : andre.trillard@wanadoo.fr

Permanence parlementaire :
66, rue de la Gare

Les Platanes

44530 Saint-Gildas-des-Bois